Dès ma plus tendre enfance, les Gens du Voyage et leur aura d'indépendance m'ont attirée, irrésistiblement. J'ai voyagé et vécu un peu partout. Depuis plus de quinze ans, frappée par les ressemblances entre certains Népalais et les Roms d'Europe de l'Est, je rêvais de monter une exposition photographique et d'autres activités favorisant le rapprochement des sédentaires et des Tsiganes.

L'invitation de HardyFusion asbl à participer à l'organisation d'une quinzaine consacrée aux Gens du Voyage m'a permis de réaliser enfin ce rêve, avec le support du CIEP et de l'Espace 28.

Le professeur Alain Reyniers a bien voulu répondre à mon invitation, nous proposant une conférence replaçant les Gens du Voyage dans leur contexte historique et social. Enfin, Monsieur Ahkim et Madame Nizet, du Centre de Médiation des Gens du Voyage, sont venus pour engager une nouvelle action en faveur des gitans de Verviers, qui continuent de vivre sans eau courante ni électricité, au XXIe siècle !

Cette quinzaine des Gens du Voyage est maintenant terminée, et ce mini-site a pour but d'en rappeler les moments forts, mais aussi d'être le témoin des actions qui ont prolongé cette exposition. Je vous souhaite une excellente visite !

Sarvana

La Quinzaine des Gens du Voyage dans tous ses états
Diaporama musical de l'exposition
(connexion adsl haut débit recommandée)
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Les suites de la Quinzaine
Les photos de l'exposition ont été reprises dans le projet "La Légende de Django",
exposition didactique itinérante réalisée par l'asbl "Miroirs des Festivals",
dans le cadre de "Luxembourg et Grande Région, capitale européeene de la Culture 2007".
Invitation par David Vanden Hauwe à une journée thématique sur les Gens du Voyage
le 15-04-07 à l'Espace Senghor (Bruxelles)

L'invitation-programme pour la quinzaine des Gens du Voyage
Ce qui caractérise principalement les Gens du Voyage, c'est que leur habitation, tente ou caravane, est mobile. Ils gagnent leur vie en allant offrir leurs services en des lieux différents, selon les opportunités qu'ils rencontrent ou qu'ils recherchent. On pourrait parler d'"économie nomade". La grande famille des Gens du Voyage est constituée de deux groupes:

1. Les Gens du Voyage d'origine indienne

Partis du Rajasthan, au nord de l'Inde, il y a près de 1000 ans pour des raisons restées inconnues, les Tsiganes ont sillonné les routes pour arriver jusqu'à l'extrême-ouest de l'Europe en passant par l'Afghanistan, l'Iran, l'Egypte, la Turquie, la Roumanie, la Hongrie, l'Allemagne, la France, l'Espagne et aller plus loin encore...

Au cours de ce long périple , les termes Gitans, Tsiganes, Bohémiens, Manouches, Gypsies... ont été donnés au PEUPLE ROM. Leur langue commune, le romanès, vient du sanskrit et reste proche des langues actuellement parlées en Inde du nord et au Népal.

Certaines familles Roms sont sédentarisées depuis des générations, d'autres sont restées nomades ou semi-nomades. Comme leurs ancêtres indiens, certains travaillent les métaux, ce sont d'habiles artisans: forgerons, rétameurs... D'autres sont artistes: chanteurs, danseurs, musiciens ou dresseurs d'animaux. Ils excellent dans les métiers du cirque.

Enfin, il y a encore les chineurs*, brocanteurs, marchands de chevaux ou de voitures, commerçants ambulants, ou bien travailleurs saisonniers...

La culture propre aux Roms ne s'altère guère au cours des siècles et reste vivante, tout en s'enrichissant d'apports glanés dans les régions où ils vivent ou qu'ils traversent.

2. Les Gens du Voyage d'origine européenne

D'autres Gens du Voyage, à la peau claire, dénommés VOYAGEURS, sont d'origine européenne. Certains, appelés Yénishes, proviennent surtout d'Alsace-Lorraine. Leur langue est l’argot des voyageurs, émaillé de mots empruntés au romanès.

C'est pour trouver des moyens de subsistance qu'ils ont exercé des métiers nomades, comme par exemple le commerce ambulant, les métiers forains, la brocante, la récupération des métaux... On trouve aussi des artisans vanniers, des rétameurs et des rémouleurs, des ouvriers saisonniers...

La vie moderne fait que la plupart des métiers traditionnels des Gens du Voyage disparaissent. On peut espérer que les qualités professionnelles qu'ils ont acquises au cours des générations, au point qu'elles leur semblent innées, telles que le goût pour le travail d'indépendant, la flexibilité, le sens de la psychologie et du commerce, puissent être appréciées à leur juste valeur dans le contexte économique actuel.

De plus en plus, les Gens du Voyage ont tendance à se sédentariser pour de multiples raisons, et on ne peut plus dorénavant les reconnaître grâce à leur habitat mobile et leur type d'activité. Actuellement, et même dans les familles sédentarisées depuis des dizaines d'années, je dirai plutôt qu'on pourrait surtout identifier les Gens du Voyage par leur culture, l'attachement aux traditions et surtout à leurs valeurs, qui sont solides, telles l'amour et le respect pour les enfants, le sens de la famille et la solidarité dans le clan.

Puissent ces richesses humaines
forcer notre respect !


* Chiner, c'est aller de porte en porte proposer de la menue marchandise, ou être à la recherche d'objets à racheter en vue de les revendre, comme par exemple les vieux meubles.